Le Conservatoire royal de Liège est une École Supérieure des Arts de la Fédération Wallonie-Bruxelles qui propose des formations artistiques de niveau supérieur (Bacheliers, Masters et Agrégations) dans le domaine de la musique et du théâtre.
Rentrée académique du 14 septembre 2026
Discours et accueil étudiant.e.s (A006)
09h30 : Accueil et réunion d’introduction par la Directrice, Kathleen Coessens et différent.e.s interlocuteur.rices à destination des étudiant.e.s ré-inscrit.e.s
10h: Réunion d’introduction par la Directrice, Kathleen Coessens et différent.es interlocuteur.rices à destination des étudiant.e.s nouvellement admis.e.s.
10h30 : Séance d’introduction destinée aux étudiant.e.s chinois.e.s dont la langue française n’est pas encore connue, avec la présence d’une traductrice.
Visites du conservatoire pour les étudiant.e.s nouvellements admis.e.s :
10h30 : visite en français
11h : visite en anglais
Réunion des enseignants (D14)
11h : Réunion de rentrée entre les enseignants et la directrice, Kathleen Coessens.
11h45 : Drink et petits sandwichs à destination des enseignants à la cantine.
Bacheliers 1 : test de Formation musicale obligatoire
Tests à l’A205 à partir de 11h15.
Reprise des cours collectifs
La reprise des cours collectifs aura lieu dès la rentrée, c’est-à-dire à partir du mardi 15 septembre.
Rentrée Académique festive du Conservatoire royal de Liège
Lundi 21 septembre à 19h

Nathanaël Harcq, directeur du Conservatoire royal de Liège
Discours de la rentrée académique, le 6 octobre 2025
Mesdames et Messieurs
Chères et chers étudiants et étudiantes,
Chères et chers membres du personnel enseignant
Chères et chers membres du personnel administratif et ouvrier
Mesdames et Messieurs en vos titres et qualités,
Soyez toutes et tous les très bienvenu·es pour l’ouverture officielle de l’année
académique 2025-2026.
Une fois n’est pas coutume, je serai bref et je me contenterai de vous inviter au principe
espérance.
Dans un contexte de tension budgétaire où la hauteur du financement des services
publics est remise en question, il en va ainsi de la santé, de la culture, de l’enseignement maternel, obligatoire et supérieur, des transports, … la place des arts et de leurs enseignements doit être défendue sans relâche.
Pour cela, nos établissements ne peuvent bien sûr prêter le flanc à aucune critique sur
la gestion qu’ils font des deniers publics.
Mais, il est peut-être également nécessaire de réfléchir à l’affirmation de l’importance
de la musique et du théâtre en dehors de tout critère économique, ou pour le dire
encore plus directement, au nom de leur inutilité économique, ou pour le dire plus
précisément, au nom de leurs valeurs qui ne sont pas de celles dont la mesure est le
prix.
Car en effet, pourquoi, de tout temps, des femmes et des hommes se sont arrêté·es pour mettre en commun des sons et des rythmes produits avec art ? Pourquoi se sont-
ils rendus disponibles à recevoir collectivement les représentations que certaines et certains d’entre elles et eux ont créées.
Quel est ce besoin de l’être humain de donner forme artistique musicale ou théâtrale
et à quoi ? De donner forme à quoi ?
Quel est le besoin des êtres humains réalisé par leur coprésence collective sensible
avec une forme artistique ?
Et si l’art pouvait être la forme d’un pré-apparaître d’un monde plus libre, plus égalitaire, plus amical, plus vivant ? La forme d’un pré-apparaître d’un monde révolutionné, joyeux, ouvert aux autres, à tous les autres et à leurs parts d’ombres et à leurs lumières et aux nôtres et à nos ombres ?
Et si nous nous attachions à ça parce que nous décidions de mettre la liberté, l’égalité
de tous et toutes, de tous les êtres humains et l’amicalité en pratiques musicales et
théâtrales d’expériences ?
Pour cela, il semble nécessaire non pas de refuser de produire l’art que nous réalisons
car enfin, il s’agit bien d’organiser des rencontres entre les œuvres et des citoyen·nes,
mais de refuser de réduire l’art à une marchandise.
La vie, la santé, la culture, l’enseignement, la mobilité, le climat, l’égalité de droit pour
toutes et pour tous sur tous les territoires, la justice, l’air, l’eau, … n’ont pas de prix et
ne peuvent être traités comme des marchandises.
Donnons forme à ça que nous ignorons en nous-même, un pré-apparaître nourri du
principe espérance, développons une imagination utopique.
«… L’imagination utopique améliorant le monde, qui se manifeste en elles (les œuvres
d’art), n’a pas pour seul effet de pousser les êtres et les choses jusqu’aux limites de leurs
possibilités, d’épuiser des situations, en les dépeignant sous tous leurs aspects : car
toute grande œuvre d’art n’est pas limitée à son contenu manifeste, mais est aussi
conçue sur base de la latence d’un autre côté à venir, c’est-à-dire sur base des contenus
d’un avenir qui ne s’étaient pas encore manifestés à l’époque où l’œuvre est née, et au
bout du compte des contenus d’un état final encore inconnu. C’est pour cette seule
raison que toutes les grandes œuvres ont quelque chose, c’est-à-dire quelque chose de
nouveau, à communiquer à chaque époque, quelque chose qui avait échappé à
l’époque précédente ; c’est pour cette seule raison que la féérique flûte enchantée, mais
aussi la divine comédie tellement plus historiquement précise, possèdent « une
éternelle jeunesse »… » Ernst Bloch, Le principe espérance, tome 1, Edition Gallimard,
Paris 1976, p. 124
Espérons, espérons vivre mieux demain, espérons que tous et toutes vivent mieux demain, développons un imaginaire utopique, mobilisons nos arts à cela, mobilisons- les à rendre d’ores et déjà tangibles des lendemains qui chantent. Formons-nous à cela.
Aux œuvres à venir, à celles dont vous vous rendrez capables, à la vie.
Très bonne soirée
Très bonne année académique 2025-2026
Nathanaël Harcq

